1. Perspectives économiques pour 2016.


Le FMI prévoit pour 2016 une croissance économique faible. En cause, selon cet organisme, le ralentissement de l'économie chinoise, du commerce international en général et de la remontée des taux aux États-Unis en décembre 2015. Ce dernier point risque de pénaliser les économies des pays émergents dont les institutions et entreprises sont endettées en dollar. Une seconde augmentation des taux US pourrait fragiliser davantage ces économies par des coûts de financement devenus ingérables. Toujours selon le FMI, les économies des pays développés auront besoin de politiques monétaires accommodantes.

Toutefois, le FMI avait publié en octobre des prévisions de croissance du PIB à 3,6% pour 2016. Ce dernier discours laisse entrevoir des prévisions à la baisse pour la prochaine publication.

  • Prévisions de croissance du PIB ( Variation trimestrielle annualisée en % ) Source: FMI

  • PIB réel et volume du commerce mondiaux ( variation trimestrielle annualisée en %) Source : FMI



2. Aux Etats-Unis.


On notera des divergences de vue avec le discours de FED en décembre 2015 qui anticipe un redémarrage de son économie qu'elle envisage de faire suivre par un relèvement des ses taux directeurs. Elle escompte, en effet, une remontée de l'inflation mais avait fait remarquer que si tel n'était pas le cas, le conseil de la FED pourrait ne plus relever ses taux, le marché des changes a vite réagit à cette annonce !

Certes l'économie US a connu des signes positifs avec des chiffres de l'emploi plutôt bon mais les dernières nouvelles ne vont pas dans le sens d'une reprise solide. En outre, la baisse du taux de chômage coïncide avec une hausse des salaires supérieures aux attentes. L'amélioration du marché du travail n'a pas conduit à une croissance suffisante pour faire remonter le taux d'inflation vers les 2%, objectif de la FED.

De plus, le secteur manufacturier s'est de nouveau contractée, en cause notamment, les investissements colossaux dans les hydrocarbures de schistes dont la rentabilité nécessite un prix du baril à 60/70 $. Rappelons que la FED a maintenu des taux bas pour soutenir l'économie US depuis la crise de 2008, un succès finalement en demi-teinte. Pour l'année 2016, Janet Yellen prévoit « une croissance modérée ». Les responsables de la FED évoquent déjà la possibilité de mettre en place des taux négatifs et les déclarations accommodantes de Janet Yellen devant le Congrés ne font que confirmer ce revirement.

C'est ainsi que le marché n'anticipe plus réellement une remontée des taux US en 2016 et comprend qu'en définitive les leviers d'action dont dispose la FED sont quasi inexistants!
L'EUR profite actuellement de cette incertitude sur l'économie US quant bien même la BCE envisage un possible soutien de son économie par injection de liquidités.


3. En zone Euro.


La reprise économique se poursuit mais l'inflation reste basse, conséquence du manque de vigueur de l'économie. Pour l'année 2015, le PIB en glissement annuel s'est maintenu bien au-delà du pourcent, ce qui n'était pas arrivé depuis trois ans et demi. Toutefois, peu d'observateurs s'attendent à une accélération de la croissance pour l'année en cours. En cause, la conjoncture mondiale, les exportations en dehors de la zone euro ont chuté depuis la mi 2015, et ce, en dépit d'un euro faible. La demande intérieur reste alors le principal moteur de la croissance dans la zone euro entretenu en autre par un prix du pétrole bas.



L'inflation reste base et comme évoqué précédemment, la faiblesse de la croissance n'aura que peu d'impact sur l'inflation qui se situe actuellement à 0,2% en zone euro. Certains évoquent même une baisse de l'inflation pour l'année 2016. En réponse à ces inquiétudes, Mario Draghi a promis, pour mars, « des mesures énergiques » si l'inflation ne repart pas à la hausse. Draghi a évoqué « plusieurs instruments à disposition de la BCE » pour remonter l'inflation au taux souhaité, un peu moins de 2%, mais les observateurs pensent avant tout à un renforcement du quantitative easing qui affaiblirait de fait la devise européenne.

Tout comme la FED, la marge de manœuvre de la la BCE est mince car l'inflation est fortement tributaire du prix des matières premières, de l'énergie et de l'économie mondiale. Ajoutons que les instruments financiers dont dispose la BCE sont les mêmes que ceux de la FED ou de la Banque du Japon !


4. Analyse graphique.







Le graphique hebdomadaire de L'EUR/USD évolue en tendance baissière dans un large canal, le cours se situe actuellement à proximité de la borne basse dudit canal. A l'intérieur de ce canal, se dessine des droites de tendance parallèles, tantôt supports puis résistances. Le cours a atteint un plus bas vers 1,05 pour rebondir à deux reprises. Le cours à la hausse évolue actuellement entre les bornes des canaux parallèles évoqués précédemment.

Un nouveau canal haussier semble se dessiner dont la borne basse est constitué des deux plus bas évoqués précédemment, en vert dans le graphique et la borne haute, quant à elle, relie les plus bas précédents la forte baisse.






Un agrandissement de la période actuelle fait apparaître plus clairement le mouvement des cours de part et d'autre des bornes parallèles. On note une forte résistance à la hausse entre 1,15 et 1,17. Le cours devrait osciller encore pour longtemps entre cette zone de prix et la base du canal haussier. Nous représentons en vert foncé dans le graphique, la zone de prix où le cours pourrait probablement évoluer dans les prochains mois. Les zones de prix qui semblent les plus difficiles à atteindre sont représentées en rouge.
Translate to English Show original