• Introduction

Le Brexit, composé des termes Britain et exit, désigne l'éventualité d'un retrait du Royaume-Uni de l'Union Européenne. La question n'est pas nouvelle et a été maintes fois débattue au Royaume-Uni depuis son intégration au sein de la CEE en 1973. La ferveur des débats ne porte pas sur l'attachement culturelle de ce pays à l'Union Européenne mais tient seulement à l'intérêt économique des Britanniques à se maintenir dans l'Union Européenne, et ce, en dépit du régime dérogatoire dont il bénéficie depuis son intégration. Rappelons pour l'exemple que le Royaume-Uni n'est pas dans l'espace Schengen et a conservé sa monnaie.

Le premier Ministre, David Cameron a entamé depuis longtemps des négociations avec les autorités européennes portant sur un ensemble de concessions en échange d'un maintien dans l'Union Européenne. En date du 19 février 2016, un compromis qui accorde un statut spécial au Royaume-Uni a été trouvé. Cet accord sera soumis à référendum le 23 juin 2016.

Les débats s'annoncent d’ores et déjà houleux avec en tête de file le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni et son représentant emblématique, Nigel Farage. De même, le maire de Londres, Boris Johnson, se positionne en faveur d'un retrait du Royaume-Uni de l'Union Européenne et s'oppose ainsi au Premier Ministre, David Cameron, pourtant tous deux du parti conservateur.




Les sondages sont mitigés avec une très légère avance pour le maintien dans l'Union Européenne.Cette incertitude et les conséquences réelles ou supposées d'un Brexit pèsent déjà sur le taux de change de la Livre Sterling face aux autres devises, en particulier face au dollar Américain, nous y reviendrons plus longuement dans cet article.

  • Conséquences

Les avis divergent sur la question mais une grande majorité des chefs d'entreprises se positionnent contre une sortie de l'Union Européenne, partenaire indispensable pour un pays dont les exportations vers le continent représentent plus de 50% des échanges comme le montre l'infographie ci-dessous.





Rappelons encore que ces chiffres sont à mettre en relation avec les accords de libre-échange dont bénéficie le Royaume-Uni. Une sortie de l'UE verrait alors un retour des taxes douanières, du moins le temps nécessaire à de nouveaux accords d'échanges avec l'Union.

Les prix des produits importés augmenteront et les entreprises exportatrices seront fortement pénalisées ; les exportations vers l'UE représentent 15% du PIB.
La confédération des entreprises britanniques, plus importante organisation patronale du pays, estime à 5% du PIB le bénéfice de l'adhésion du royaume à l'UE. Plus encore, le Royaume-Uni perdrait de nombreux marchés internationaux avec lesquels l'UE a des accords de libre-échange. L'association des banquiers britanniques signale que certaines banques envisagent de délocaliser leur siège en cas de sortie de l'UE et ont pour beaucoup, ont reportées leur investissement pour l'après-référendum.

Selon le think tank Open Europe, le Royaume-Uni perdrait 3% de croissance d'ici à 2030 en cas de sortie de l'UE mais évoque aussi un chiffre à la baisse en cas d'accord économique avantageux pour le royaume. En effet, l'UE exporte aussi beaucoup vers le Royaume-Uni, il est donc dans l’intérêt des deux parties de trouver un accord qui ne pénalisera pas les économies des deux parties.

  • La livre sterling.

L'incertitude pèse sur la devise, le succès des négociations du Premier Ministre Britannique avec l'UE n'aura été que que courte durée. En cause, l'annonce du très populaire maire de Londres, Boris Johnson de son soutien à la sortie de l'Union Européenne.
Le marché s'inquiète des divisions au sein du parti conservateur et de l'attitude du maire de Londres qui, s'il faisait campagne, pourrait faire pencher la balance des votes en faveur du Brexit.

En conséquence, d'ici au référendum du 23 juin, la Livre Sterling devrait évoluer au gré des sondages d'opinion qui en l'état ne montrent aucune tendance claire, cette incertitude pèsera tout au long de la campagne sur la devise britannique.





Si le Brexit l'emporte, il est à prévoir un mouvement de panique temporaire avec un fort recul de la Livre pour autant que les sondages n'aient pas anticipé une telle éventualité. Autrement, la Livre glissera progressivement au fur et à mesure que les eurosceptiques gagneront du terrain dans les sondages. Néanmoins, il est à prévoir dans ce dernier cas une forte volatilité au moment de l'annonce des résultats et les jours qui suivent.

Si le Brexit est rejeté, la devise ne reprendra véritablement de la vigueur qu'après l'annonce des résultats. Avant, les mouvement à la hausse seront limités sauf à avoir des sondages très favorables au maintien dans l'UE. A plus long terme, l'impact du brexit sur le commerce extérieur britannique influencera l'évolution de la Livre Sterling face aux autre devises.

  • Graphiques.

La paire GBP/USD est à son plus bas depuis mars 2009. Le cours se situe au niveau des plus bas de 2009. La tentative de rebond s'est heurté à la résistance horizontale vers 1,4582, avec une étoile du soir. J'anticipe une poursuite de la baisse dans la zone que comprend les deux plus bas précédents. Le cours devrait alors tergiverser pour un temps. On note un RSI en divergence avec les prix mais vue la grande faiblesse des cours, j'anticipe une poursuite de la baisse avec quelques corrections au gré des sondages.







La paire EUR/GBP : le cours s'inscrit dans un canal baissier, ligne continu rouge. Il devrait entrer dans une zone de trading range et osciller entre les zones en grisé dans le graphique. En cas de fort mouvement à la baisse, un retour en direction de la borne basse du canal baissier principal est fort probable.




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